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L’artiste Ahmed Moualek condamné à 5 ans de prison pour une satire antisémite

Captain Harlock
Démocratie Participative
06 juin 2021

L’intellectuel franco-algérien Ahmed Moualek est victime d’une effroyable campagne de persécution.

Les juifs viennent de le condamner à 5 ans de prison pour s’être indigné dans une vidéo du harcèlement dont il est l’objet depuis des années.

La Montagne :

Il avait posté dix-sept vidéos dans lesquelles il appelait notamment à tuer des personnalités publiques. L’activiste Ahmed Moualek, 53 ans, a été condamné à cinq ans de prison ferme.

Il est rare de voir cinq avocats de Paris réunis sur la même affaire au tribunal judiciaire de Cusset. Tout comme il est rare dans cette juridiction d’évoquer les noms de leurs clients : la journaliste Ruth Elkrief, l’essayiste Gilles William Golnadel, l’avocat Alain Jakubowitz, la chroniqueuse sur CNews Élisabeth Lévy, ou encore BFM TV, l’Organisation juive européenne ou le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA).

Les faits reprochés ne sont pas non plus communs à Cusset : apologie publique d’un acte terroriste, provocation publique à la haine, menace de mort en raison de la race ou religion, provocation au crime, apologie de crime.

Ancien candidat aux élections européennes en 2009, sur la liste antisioniste de Dieudonné et Alain Soral, Ahmed Moualek était jugé, jeudi après-midi, pour dix-sept délits commis entre novembre 2018 et octobre 2020, depuis le petit village bourbonnais où il réside. Il s’agit de paroles publiées sur les réseaux sociaux dans des vidéos qui durent parfois plusieurs heures. Des paroles constatées par huissiers.

Ahmed Moualek appelle « à brûler les écoles de la République, à brûler CNews et BFM TV ». Des menaces directes sont aussi évoquées : « Il faut brûler Ruth Elkrief. Il faut mettre une pastille à Zemmour, mettre une pastille à tous les juifs. Pour Gilles William Golnadel, une balle dans la tête on serait tranquille. » Au lendemain de l’assassinat de Samuel Paty, l’activiste indiquait dans une vidéo qu’il s’agissait « d’un pseudo-attentat » et « qu’il avait eu ce qu’il méritait ».

La liste est longue, mais la présidente du tribunal Aurélie Mahé est allée au bout, citant notamment des phrases antisémites : « J’appelle à faire couler le sang des juifs. Cette race de vipère, ils ont subi la Shoah et c’est une bonne chose. »

Ahmed Moualek se livrait à l’évidence à une performance artistique.

Les antisémites savent parfaitement que ce concept de « shoah » est fictionnel.

Jugez de sa performance vous-même et dites-moi s’il s’agit d’autre chose qu’un exercice théâtral.

Je ne vois pas comment interpréter ça autrement que comme une satire célinienne.

La présidente a poursuivi la lecture des faits, malgré les nombreuses interruptions du prévenu, pour qui « ses phrases sont sorties de leur contexte. » « Je ne reconnais pas ces mensonges », a aussi répondu Ahmed Moualek à la présidente. Il a ensuite lancé une formule qu’il a répétée plusieurs fois lors de l’audience : « C’est du bavardage tout ça. Je n’ai pas commis de crime. Personne n’a commis de crime en mon nom. »

Ahmed Moualek a raison.

Devant une cour américaine, le dossier aurait été évacué en moins d’un quart d’heure.

Pour qu’une menace de mort soit crédible, il faut qu’il y ait un projet d’assassinat élaboré. Dire « crève ! » à quelqu’un n’est pas une menace de mort, c’est un propos volontairement polémique.

Qui peut sérieusement croire qu’un chansonnier algérien armé d’une webcam menace la vie des juifs les plus puissants de France ?

C’est ridicule.

Le prévenu a également dit plusieurs fois qu’il était persécuté et qu’il avait reçu « des menaces d’égorgement » pour lui et ses enfants par le « lobby juif ». Les juifs, une véritable obsession chez le prévenu, selon l’expertise demandée par le tribunal.

Pour le coup, Ahmed Moualek a par le passé fourni des preuves de ces menaces, notamment des enregistrements audios de coups de téléphone menaçants. Lui et ses enfants étaient régulièrement pistés par des individus.

Tout laisse à penser que l’artiste algérien est victime d’une cabale pour le jeter en prison.

Meyer Habib, député UDI des Français établis hors de France, fait partie des victimes menacées. Il était présent au tribunal de Cusset pour voir le prévenu droit dans les yeux. « Hasard du calendrier, jeudi, au Parlement, nous avons renforcé la loi contre le terrorisme et le renseignement, a souligné le député. Je vis sous protection depuis six ans, à cause de menaces. »

Meyer Habib ne vit pas sous protection. Il a demandé et obtenu du gouvernement français une garde personnelle aux frais des Français pour assurer la protection de son commerce de diamants.

C’est dans la presse, je n’invente rien.

Même protection pour Ruth Elkrief, a indiqué son avocate, Me Sanson, qui a ajouté à propos du prévenu : « Il est dangereux, influent. »

Me Chautard, conseil de Meyer Habib, a préconisé « de priver cet homme, qui a l’intelligence du mal, de toute liberté d’expression. »

C’est le fond du dossier : empêcher Ahmed Moualek de pratiquer son art d’amuseur populaire.

Faire passer cet artiste original pour un djihadiste est absurde. Le sort qu’il subit, d’une cruauté effarante.

En 2021, en France, on jette les artistes en prison lorsque les juifs ne les aiment pas.

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